

Demandez à un entrepreneur ce qui lui manque le plus, il vous répondra : le temps. Demandez à un lecteur ce qu'il lui faut pour apprécier un roman pour bien ressentir l’histoire, il vous répondra : du temps. Mais le temps n’a pas la même définition. En effet l’un a besoin d’actions, l’autre de calme, de créer une bulle en dehors du monde...
Dès lors, la question se pose : comment faire cohabiter la fureur de construire un business avec la lenteur nécessaire à la fiction ? Est-ce vraiment compatible, ou est-ce une lutte permanente qui finit par nuire aux deux?
Le sentiment d'incompatibilité n'est pas une illusion. Il repose sur trois obstacles majeurs :
La culpabilité de l'action : Quand on monte son entreprise, passer du temps à lire un roman de 400 pages donne l'impression de déserter alors que la concurrence avance.
La charge mentale : L'entrepreneur a le cerveau saturé de « to do list ». Réussir à s'immerger dans une intrigue complexe demande une "disponibilité infaillible" que le stress du business ne tolère pas.
Le choc des rythmes : Le business est une affaire de réactivité et de décisions rapides, de CA. Le roman est une affaire de solitude, de patience et de contemplation. Passer de l'un à l'autre provoque un choc indéniable...
Dans le roman, une sorte de passivité de mouvement (même si le cerveau fonctionne à son max.) est nécessaire, on lit l’histoire d’un autre qu’on ne côtoie pas dans la vraie vie. Le roman nous permet de vivre par procuration, et nous transporte dans un autre univers, un autre temps...La création d'une entreprise demande de l'attention permanente, ancrée dans le concret d’un quotidien - l'histoire d’un roman nous en éloigne, nous plonge dans un univers qui n'est pas en général le nôtre...
Le risque de cette cohabitation, c'est de transformer la lecture en procrastination active.
Est-ce que je lis pour m'inspirer, à grandir ?
Est-ce que je lis pour fuir cet appel client difficile ou cette comptabilité qui m'angoisse ?
Le danger est là : laisser l'imaginaire prendre possession de nos vies, et éloigner le concret au point de paralyser l'action. Pour l'entrepreneur, le roman peut devenir une drogue douce qui offre les émotions du succès sans les risques de l'échec réel.
Indéniablement, il y a une période propice à la lecture, lorsqu’on a le temps de s’instruire, en général lorsque nous n’avons pas d’obligation, de charges mentales.
Lire des romans et créer un business n'est pas une cohabitation naturelle. C'est une volonté qui demande une grande autodiscipline.
Le danger est là : laisser l'imaginaire prendre possession de nos vies, et éloigner le concret au point de paralyser l'action.
Il y a donc une période propice à la lecture, à développer sa culture, son imaginaire, ses softs skills, lorsqu’on a du temps temps qui se situe en général lorsque nous n’avons pas d’obligation, de charge. Ce temps là est fait pour lire mais faut il encore en avoir conscience, la motivation, l’appel, l’environnement,…
Toutefois, celui qui veut entreprendre et arrive à marier la rigueur de l'exécution et la richesse de l'imaginaire possède certes une arme redoutable : une vision du monde bien plus large que celle de ses concurrents qui ne lisent que des tableurs Excel! Bien sûr il y aura toujours ceux qui ont lu, avant d’entreprendre et qui conserve la mémoire des histoires de ces romans qui parfois marquent l'existence …

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